Installation d'extinction automatique à gaz (IEAG)

Installation d’extinction automatique à gaz (IEAG)

2 juin 2021

Installation d’extinction automatique à gaz (IEAG)

L’incendie est un risque majeur pour une entreprise. Aujourd’hui, différents moyens d’extinction automatiques existent pour lutter contre un départ d’incendie en utilisant différent agents extincteurs : eau (sprinklage, brouillard d’eau), poudre ou gaz.

L’installation d’Extinction Automatique à Gaz (IEAG) consiste à mettre en place un système permettant d’utiliser les caractéristiques d’un gaz pour éteindre ou limiter les effets d’un incendie, notamment en réduisant le temps d’arrêt des outils protégés.

En France, les systèmes de sécurité incendie à gaz sont utilisés dans certains établissements particulièrement dans les installations classées pour l’environnement (ICPE) et dans des établissements recevant du public (ERP). Des arrêtés peuvent les imposer au cas par cas dans d’autres locaux.

Contexte réglementaire

  • Norme NF- C 15 100 concernant les installations électriques « Installations électriques basse tension – Règles » et de ses additifs ;
  • NF EN 12094 octobre 2003 concernantles éléments constitutifs pour installations d’extinction à gaz ;
  • NF EN 15004 (de 1 à 10) concernant les Installations fixes de lutte contre l’incendie – Installations d’extinction à gaz ;
  • Les règles d’installation R13 (extinction automatique à gaz inertes) de l’APSAD ;
  • Directive Produits de Construction (DPC) ;
  • Directive Équipements Sous Pression Transportable (DESPT) ;
  • Règlement relatif à certains gaz à effet de serre fluorés (F’GAS).

Définition et rôle d’une IEAG

Une installation d’extinction automatique à gaz est un système fixe qui permet de détecter l’éclosion d’un incendie et de l’éteindre par l’apport de gaz neutres ou d’inhibiteurs dans un délai bref.

Les installations d’extinction automatiques à gaz sont recommandées pour la protection de certains locaux notamment ceux renfermant des équipements coûteux ou lorsque l’eau ne peut être utilisée (locaux serveurs informatiques notamment).

Ils remplissement un objectif double :

  • Éteindre le feu dès son déclenchement ;
  • Permettre de maintenir l’extinction pendant une durée suffisante limitant le risque de réinflammation/propagation.

Types d’IEAG et cas d’applications

Types d’IEAG

On distingue deux types d’installations d’extinction à gaz :

  • IEAG par noyage total qui est adaptée pour :
    • Sécuriser des volumes clos et étanches : gaz chimiques ou inerte ;
    • Les armoires et équipements électriques seuls ou avec faux-planchers : gaz chimiques ou inertes ;
  • IEAG par protection ponctuelle, cette technologie est appliquée dans les milieux ouverts ou semi-fermés et permet de protéger des cibles et objets définis (machine, laminoir, moteur…) : le gaz usuellement utilisé est le CO2.

Les installations d’extinction automatiques à gaz peuvent être :

  • Modulaires : les réservoirs d’agent extincteur sont implantés et répartis individuellement dans la zone protégée. Chaque réservoir ayant sa ou ses propres buses de diffusion. Ce système permet de sécuriser des locaux fermés et étanches (petites salles informatiques) ;
  • Centralisées :  les réservoirs d’agent extincteur sont regroupés et stockés dans un local dédié et l’agent extincteur se fait acheminer vers le local protégé via un réseau de tuyauterie. Ce système permet de couvrir plusieurs salles d’un même bâtiment (salle blanche, locaux informatiques…).

Cas d’application des IEAG

Les cas d’application des agents extincteurs gazeux les plus connus sont :

  • Les locaux de stockage contenant des liquides inflammables ;
  • Les installations électriques et électroniques telles que les installations de télécommunication ou salles informatiques ; 
  • Les circuits électriques sous tension.

La règle APSAD R13 définit les limites d’utilisation des agents extincteurs gazeux.

Types d’agents extincteurs a gaz et critères de choix

Il existe deux familles d’agents extincteurs gazeux :

  • Les gaz inertes (CO2, Azote, Argon…) : gaz neutres de l’atmosphère, utilisés seuls ou en mélange. Ces éléments agissent par étouffement du foyer et assurent un abaissement du taux d’oxygène dans le local protégé entre 12% et 14% ;
  • Les gaz inhibiteurs (FM200, NOVEC 1230…) : composés chimiques utilisés à faible concentration. Ils n’ont pas d’effet sur le taux d’oxygène du volume protégé mais agissent sur les mécanismes des réactions physiques produisant la flamme.

Le choix de l’agent extincteur se fait à travers une analyse de risque paramétrée par plusieurs données :

  • Nature du risque et ses caractéristiques physiques et chimiques ;
  • Sécurité des personnes ;
  • Conditions d’exploitation du site ;
  • Caractéristiques structurelles du local à protéger : étanchéité, résistance au feu des cloisons, présence de zones fermées (faux-plafond, faux-planchers) ;
  • Respect de l’environnement.

Éléments constituant une IEAG

Elle se compose généralement de deux systèmes :

  • Un système de détection incendie précoce (SDI) ;
  • Un système d’extinction automatique à gaz.

Le système de détection incendie (SDI) est constitué de :

Le système d’extinction automatique à gaz repose sur un dispositif électrique de contrôle et temporisation (DECT) lequel gère le cycle d’extinction par l’acquisition de l’alarme incendie issue soit du SDI, soit du déclencheur manuel électrique.

Principe de fonctionnement

La sécurisation d’un local à protéger passe par 3 processus :

Etape n°1 : Déclenchement sur détection

Le système de sécurité incendie gère deux équipements indépendants de détection automatique. Ces équipements se font installer au plafond.

  • Un premier équipement de détection annonce une préalarme ;
  • Un deuxième équipement de détection annonce la confirmation d’alarme.

Etape n°2 : Déclenchement de l’alarme

La deuxième détection d’alarme confirme la première détection, déclenche le scénario d’émission de gaz d’extinction et met en fonction les équipements de l’IEAG, à savoir :

  • La diffusion de l’alarme évacuation par le biais des dispositifs d’alarme visuels et sonores en vue d’assurer la sécurité des personnes ;
  • L’arrêt des ventilations et autres fermetures de portes, clapets, ventelles, etc… ;
  • L’ouverture à l’issue d’une temporisation d’évacuation, des vannes des réservoirs d’agent extincteur lequel va se diffuser dans le risque protégé au travers de buses judicieusement réparties ;
  • Le report des alarmes vers un tableau de report d’exploitation, une télésurveillance, une GTC.

L’alarme déclenche :

  • Les diffuseurs sonores ;
  • Les informations sur les reports d’alarme ;
  • Les dérangements du système ;
  • L’extinction et émissions de gaz.

Etape n°3 : Déclenchement manuel

Le troisième processus d’extinction peut être déclenché par un déclencheur manuel qui permet la mise en marche du cycle d’extinction.

Exploitation d’une IEAG

Concernant l’exploitation d’un système d’extinction à gaz, trois possibilités sont envisageables :

  • Présence d’un service de sécurité 24/24h sur le site protégé ;
  • Présence d’un service de sécurité « ou autres » pendant les heures ouvrables ;
  • En dehors de ces heures, il est obligatoire la mise en place d’un télé-transmetteur afin d’être connecté à une société de télésurveillance certifiée APSAD de Service (conformément à la règle R 31).

Exigences techniques

Les exigences en termes de conception, réalisation et maintenance des systèmes d’extinction automatique à gaz sont listées ci-dessous :

  • Le tableau de commande et de signalisation doit être alimenté en amont du disjoncteur général directement depuis l’armoire électrique et protégé par un disjoncteur magnétothermique à protection différentielle 30mA et par un contact auxiliaire ;
  • Les canalisations inhérentes au système doivent être repérées et identifiées, elles doivent être posées sous tubes et gaines ;
  • Les câbles doivent être de type C2 et CR1 ;
  • Le câblage doit assurer la continuité d’un élément à un autre sans raccordement intermédiaire ;
  • Le bon fonctionnement d’une installation d’extinction est conditionné par le niveau d’étanchéité du local (ou des locaux) objet de l’installation ; Toutes les ouvertures devant s’obturer automatiquement, les fenêtres ne pourront pas être du type ouvrant. Il est important de réaliser, au minimum annuellement, un test d’étanchéité du local (ventitest) ;
  • Si les locaux contigus ne sont pas équipés d’une installation de détection d’incendie ou d’extinction automatique d’incendie, les parois séparatives entre ces locaux doivent être coupe-feu au moins de degré ½ heure. Leurs ouvertures doivent être équipées de portes coupe-feu à fermeture automatique de degré au moins ½ heure et ouvrant vers l’extérieur.
  • Le cloisonnement sur toute la hauteur doit être satisfaisant, en particulier au niveau des faux plafonds et des faux planchers ;
  • La totalité de l’enceinte protégée doit résister à l’augmentation de la pression apparaissant pendant l’émission de gaz. Pour cela des volets de surpressions qui se referment automatiquement lorsque la pression redevient normale, doivent être prévus (sauf si les calculs et les essais démontrent qu’ils ne sont pas nécessaires en raison du défaut d’étanchéité du local). Ces ouvertures ne doivent pas communiquer dans un autre local mais sur l’extérieur du bâtiment, directement si cela est possible, ou dans le cas contraire par l’intermédiaire d’une gaine réalisée en matériau incombustible ;
  • Les évents de surpression ne doivent pas diminuer le degré coupe-feu des parois sur lesquels ils sont posées.

BatiSafe vous propose son expertise dans la sécurisation de vos locaux et installations techniques à travers un panel diversifié de prestations :

  • Diagnostic des locaux et/ou installations à protéger ;
  • Accompagnement dans le choix d’installation d’extinction automatique à gaz adaptée à votre projet ;
  • Établissement des études techniques de la phase PRO (AVP – APD) ;
  • Elaboration du dossier de consultation des entreprises (DCE).

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